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16 mai 2007

Les damnés de Nanterre ( Chantal Montellier)

 

 

 

Les Damnés de Nanterre :

Couv_de_Montellier_pour_Blog_copieEditeur et date de parution : Denoël, 88 pages, paru en Février 2005 (trouvable facilement).
Cette bande dessinée «  historique »  traite d'un fait divers très particulier. Il s'agit de l'affaire Rey-Maupin qui fït la une de toute la presse en 1994. Le lecteur progresse dans l'intrigue au rythme de l'enquête journalistique de Chris Winkler, une journaliste d'investigation de la presse indépendante qui travaille au journal "la vérité", cela ne s'invente pas!  Par ce procédé narratif classique l'auteur nous invite à comprendre le véritable mobile des deux jeunes anarchistes et à dénouer les fils d'une dossier rempli de zones d'ombres.

Bien que le récit ne s'attarde pas sur le fait divers sanglant le lecteur pénètre assez brutalement dans l'histoire. Chantal Montellier nous propose d'emblé d'accompagner Chris Wingler, la journaliste, dans son travail d'investigation. Ce fait divers, archi connu pour son caractère « générationnel », sanglant, mais aussi politique et iconographique va être revisité par Montellier d’une manière tout à fait originale! D'une banale histoire crapuleuse, les "éléments ajoutés" par l'enquête de Chris Winkler vont mettre à jour, semble-t-il, une machination policière orchestrée en haut lieu. Quelques 10 années aprés l'affaire Florence Rey, Chantal Montellier demande des comptes, le dossier est ré-ouvert!
A qui profite le crime? Les pistes que suit Montellier nous laissent un arrière gout de mensonge organisé et des questions troublantes sur le rôle de l’Etat et l’implication de certains « services étrangers » dans cette affaire. Cette bande dessinée nous plonge également dans l'esprit de Florence Rey, la véritable héroïne de ce récit, dont les propos signés paraphent la première page des Damnés de Nanterre tel un testament ou des aveux politiques!!!  Reste en réponse un mystère, entretenu par le regard noir et culpabilisant de la très charismatique"tueuse de Flic "murée dans son silence (couverture de la BD).

Le graphisme est "l'iconographie" des Damnés de Nanterre , collent au fonctionnement du scénario, il est double! On oscille sans cesse entre une narration linéaire avec des personnages figés aux traits presque naïfs et maladroits et des "montages graphiques" faisant appel à la culture Pop-Art et à l'iconographie révolutionnaire. L'articulation entre ces deux langages fonctionne à merveille et donne beaucoup d’énergie à l’ensemble de la BD. Chantal Montellier, peintre à l’origine, semble beaucoup plus à l'aise à travers ses "montages pop" insérés çà et là au fil de l’histoire. Elle ne le fait cependant pas de n’importe quelle manière: ceux ne sont que l’illustration des rêves et phantasmes de l’héroïne ce qui nous permet de rester dans une trame logique et chronologique.

L’histoire fait donc appel à  une tradition iconographique révolutionnaire! Celle-ci est bien évidemment marquée par le rouge du sang des victimes, le rouge du "voir rouge "de la violence, le rouge de héros parisiens de la Commune ou d'Octobre... On nage en plein culte du martyre révolutionnaire et cet aspect donne beaucoup de  piment au Damnés de Nanterre. Aprés avoir parcouru ces quelques 88 pages on en retient un souvenir bi-chromatique : le rouge de la révolution sociale et le noir du regard de Florence Rey, ceux sont aussi les couleurs de la CNT, peut-être n’est-ce pas là tout à fait un hasard ?       

 

 

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