DEVIATION BD

Affreusement votre

 

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Horreur, stupéfaction, Ô joie insalubre et juvénile ! C’est en flânant au bénéfice d’un calme après midi de vacances estivales que je suis tombé sur cette perle inattendue en librairie BD !  A la vue de cette si belle couverture sortie des phantasmes les plus obscures d’un fan d’EC comics, Mad et autres littératures régressives comme Tales from the Crypt, mon sang n’a fait qu’un tour ! Je ne pouvais repartir sans la chose imprimé qui rappelle divinement bien le temps ou la BD n’était pas encore branchée, mais plutôt délicieusement honteuse!

J’ai d’abord cru à une réédition américaine par un auteur à consonance française, comme une sorte de descendant de colon canadien! En effet, il faut dire que le produit, le dessin, les thèmes, la narration imite à la perfection les pulps américains horrifiques des années 70! Plus tard, j’ai découvert qu’il s’agit en fait d’un auteur bien français ! Je ne le connais pas encore, mais j’ai même vu qu’on pouvait le croiser en dédicace ça et là, du coté du Rayon vert par exemple pour l’année 2016…

 

C’est quoi alors « Affreusement votre » ?

Et bien on peut dire qu’il s’agit en fait d’une sorte de Canada-Dry qui aurait bel et bien l’apparence de l’alcool, mais aussi le gout, la saveur et qui en donnerait même l’ivresse finalement! Comme une BD à rebours, une madeleinePlancheA_286658, une sorte d’ovni : un truc qui imite l’original à la perfection! Mais de quel « original »  parle-t’on ? Non parce qu’en réalité Thierry Olivier n’est rien d’autre qu’un auteur français tout à fait contemporain qui nous fournit un véritable travail d’orfèvre, une création que tout amateur de pulps, d’EC comics et autres bisseries n’aura pas besoin de se faire prier longtemps pour adopter! Même son style graphique est intéressant parce que très propre, et finalement assez difficile à situer, quelques part entre le comics et le franco-belge !  

Après m’être régalé à la lecture de cette petite merveille de Bd de genre (une bonne soixantaine de pages et plusieurs histoires courtes), j’ai découvert que « Affreusement vôtre », que j’avais priAffreusementVotre1_12122008_014000s pour une réédition, et finalement le tome 2 d’une série « au long cours » commencé en 2007 (voir « Affreusement votre : recueil d’histoires méchantes » publié par ANBD (Association normande de bande dessinée) !

 

 

 

En 2016 le présent recueil est lui, intitulé «  des morts, des vivants, et des morts vivants ». Le titre parle de lui-même, mais il y a bien d’autres choses que des zombies dans ce nouveau titre très bien édité par Wetta, une sympathique maison d’édition qui renait de ses cendres !

Bref, c’est dans les bacs depuis cet été, et c'est à découvrir, et à déguster !

 

Petit lien vers les éditions Wetta avec une fiche détaillée de présentation de la BD: http://wetta.wetta-sunnyside.fr/affreusement-votre-des-morts-des-vivants-et-des-morts-vivants/

petit lien vers le blog de Thierry Olivier, notamment pour celles et ceux qui voudraient se procurer le tome 1 dont il reste à ce jour quelques exemplaires...: http://thierryolivier24.wixsite.com/thierryolivier

 

 

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14 janvier 2016

Zombies tome 4: une nouvelle saison pour la série zombie référence du franco belge...

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En 2010, le tome 1 de la bd « zombies » intitulé «  la divine comédie » sortait dans les bacs des libraires. Il s'agit d'une série fantastique/horrifique dessinée par Sophian Cholet et scénarisée par Olivier Péru, éditée dans la collection « anticipation » par Soleil. Jusqu'au tome 4, la série « Zombies » était assez facilement reconnaissable à ses couvertures particulières.  Des visuels très détaillés, présentant un graphisme travaillé pour donner un aspect "sale", très réussi. Ce graphisme et ce dessin, précis et gore est d'ailleurs un peu la marque de fabrique de la série, son atout, qui lui permet de se distinguer des autres séries sur ce thème.

Pour être honnête, rappelons que la série "Zombies" éditée chez Soleil est une série opportuniste, voir secondaire, qui surfe elle aussi  sur la vague « Walking dead ». Walking dead, la série comics "blockbuster" de Kirkman en noir et blanc dont le tome 1 était sorti en France chez sémic en 2005 ( il y eu depuis 24 tomes édités  à ce jour chez Delcourt qui a repris la collection).

 Le « Zombies » de Péru et Cholet est également un « survival ». En bref, il faut comprendre que dans cette histoire, les morts vivants se répandent comme une épidémie de peste moyen-ageuse,  qu'ils envahissent massivement le monde et qu'au beau milieu de ce mäelstrom quelques poignées d’individus saints ( non contaminés) tentent de survivre tant bien que mal sans perdre tout à fait les pédales…

La particularité du "Zombies" de Cholet et Péru est qu’il s’agit d’un comics à la française, dessiné comme du franco-belge. Contrairement à Walkind dead,  on se situe sur une succession de « one shots », c’est également en couleur, et, globalement, c’est très très bien dessiné!

Cette série, depuis 2010 a eu trois tomes + un tome 0 intercalé entre le 1 et le 2 ! Puis deux spin-off

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intitulés « Zombies chronologies » qui reviennent sur les péripéties de l’épidémie. Au passage, les deux spin-off parus à ce jours n’ont que très peu d’intérêt, si ce n’est qu’on a le plaisir coupable de voir le président  François Hollande se faire bouloter gentiment par des morts vivants …  C'est anecdotique!

Tout ceci pour dire que la série à eu une vie avant la parution de ce nouveau tome, avec 4 tomes + 2 spin-off et qu'elle possède elle aussi ses afficionados amateurs de chairs décomposées et autres râles putrides!

La série « Zombies » commençait à s’engluer dangereusement dans un scénario poussif, lorsque les auteurs ont eu la bonne idée de repartir sur une nouvelle saison. Ce tome 4 ( dont on voit la couverture ici), est paru en décembre 2015. Il amène une foultitude de nouvelles idées : on y découvre notamment une société qui se réorganise... Zombies 4 renouvèle la série de Soleil, et si les auteurs continuent sur cette lancée, on pourrait avoir un tome 5  des plus sympathique, qui sera sans doute très sombre lui aussi!      

 

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08 juin 2013

Un magnéto dans l'assiette de Fred

Un magnéto dans l'assietteImaginez un auteur et son éditeur qui déjeunent régulièrement ensemble pendant 5 ans dans des restaurants parisiens en parlant librement de la carrière de l'un, de ses souvenirs, de ses anecdotes...A l'arrivée, cela donne ce livre. 

"un magnéto dans l'assiette de Fred" rapporte en effet leurs discussions, leurs digressions, leurs bavardages et donne du même coup un brillant aperçu d'une carrière, d'une époque, de sa culture et de ses couleurs.

Au grés des discussions, Fred et François le Bescond mélangent habilement éléments autobiographiques et biographiques. Le monde de Philémon et la vie de Fred se confondent. Cette impression est renforcée par les nombreux extraits de ses oeuvres qui illustrent et ponctuent les chapitres!

Fred nous parle des ses préfaces, de celles qu'ils aurait aimé avoir par Charlie Chaplin et Engène Ionesco, de ses rapports avec René Goscinny (son mentor) dans Pilote, de ses collaborations avec Jacques Dutronc, des débuts du festival d'Angoulème, de quelques souvenirs d'enfance aussi...

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Derrière chaque "lettre" se dessine en filigrane la très riche carrière de Fred , témoin, avec Giraud, Mezières, Cabu, Gotlib, Reizer... de toute une époque. Ces années sont notamment marquées pour Fred par les débuts de l'aventure du journal satirique Hara-kiri, la création de Pilote magazine ainsi que les grands débuts du festival d'Angoulème.

Le livre se termine sur un éclairage de la dernière BD de Fred: "Le train ou vont les choses" qui boucle la boucle des aventures de Philémon.

Fred s'en est allé le 2 avril 2013, quelques semaines seulement aprés la publication (19 ans aprés qu'il l'ait commencé) de son dernier Philémon. Avec sa disparition, on a l'impression de tourner dédinitivement la page d'une époque dans laquelle les auteurs s'amusaient et ou cela se sentait.

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04 janvier 2013

Batman & Dracula : le sexe caché dans le comics a du mal à se contenir avec Doug Moench et Kelley Jones!

L'héritage de Dracula

Pour complèter ma collection, je viens d'acquérir et de lire le tome 2 de  la mini série "Batman-Dracula" de Doug Moench et Kelley Jones publié en VF par Panini en 2009. Premier détail marrant: le titre! Pompeusement baptisé : "L'héritage de Dracula" , le BD annoce la couleur:  on ne fait pas dans la dentelle chez DC et chez Panini.
Au passage, je précise deux choses: il s'agit quand même, d'une part, d'une publication très soignée de la part de Panini. D'autre part, ce tome 2 fait partie d'un triptyque: Batman & dracula intégralement publié en VF entre 2009 et 2010 (encore dispo facilement chez amazon). Ces trois volumes représentent un sacré ovni dans le paysage global des aventures de Batman. Je tenais à signaler cet aspect, parce que pour ceux qui veulent du Batman classique, il ne faut pas lire Batman-Dracula ( mais bon, quelque part, tans pis pour les brebis égarées)


Le point fort de ce volume, outre un traitement sympathique et pédagogique de la genèse de Catwoman, c'est l'aspect "sexe caché dans la BD"! Un passage en particulier m'a marqué dans lequel, il faudrait être très candide et aveugle pour ne pas y voir une belle partie de sexe anal en mode relativement brutal de Batman vers Catwoman avec tout le vocabulaire qui va avec (et quasiment que le vocabulaire puisque nous somme chez DC tout de même)! J'aurais eu le temps j'aurais scanné le passage: c'est à mourir de rire! Pour les a-mateurs de sexe caché cette Bd est un must.
Sinon pour le reste c'est assez convenu et mal colorisé! Mais pendant toute la BD Batman est en rage, en sueur, en maque de sang, ou d'autre chose! C'est à mourir de rire! Cela dit, rien de neuf sous le soleil: les relations entre vampirisme et sexualité ne datent pas d'hier!

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28 novembre 2012

"Au nom du fils", le grand retour de Michel Vaillant en bande dessinée!!

album-mvs2-01Novembre 2012 voit le retour de Michel Vaillant en bande dessinée: une grande nouvelle pour les fans de franco-belge et de courses de voitures!

"Au nom du fils", est le premier tome d'une nouvelle série.

Confronté à de nouveaux enjeux sportifs et technologiques, le clan Vaillant doit faire face aux évolutions de l'industrie automobile, mais aussi aux mutations de la société.

Trois générations d'hommes et de femmes ont désormais en main le destin de l'entreprise, dont le tout premier challenge est de renouer avec la victoire, en débutant par le WTCC, le très disputé championnat du monde des voitures de tourisme. Et de sauver la cohésion familiale, malgré les convictions contradictoires des uns et des autres.

Michel Vaillant qui n'en peut plus de ronger son frein reprend enfin la compétition, en World touring car championship (des courses dans lesquelles s'affrontent des voitures de séries que tout le monde connait)! Alors que l'écurie débute trés bien la compétition, Michel Vaillant apprend que son fils, pensionnaire dans une prestigieuse école Suisse internationale, ne travaille plus, pire il a fugué et serait mêlé à un trafic de cocaïne: tout bascule...

Michel Vaillant est la référence absolue en bande dessinée de course automobile. Les 70 premiers

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albums de cette série se sont vendus à plus de 20 millions d'exemplaires dans le monde. Pour relancer cette série, Philippe Graton s'est adressé à Denis Lapière pour ciseler le scénario et les dialogues, Marc Bourgne dessine les personnages et Benjamin Benétreau est en charge des bolides et des décors. Cette nouvelle équipe reste finalement trés fidèle à la pureté graphique de la série originelle. Dés le départ on retrouve vraiment l'esprit de la série! On aurait en effet pu imaginer perdre en qualité graphique tant les albums (notamment ceux du début des années 70 font référence) hors ce n'est pas le cas! La série n'est pas trahie, je dirais même qu'elle est graphiquement améliorée. Rien ne peut être laissé au hasard dans Michel Vaillant : les quatres auteurs ont fait un travail préparatoire à Monza, tels des journalistes, ils ont du se plonger dans l'ambiance de la compétition.

Le Michel Vaillant de Jean Graton se distinguait par la fluidité de sa lecture et l'inventivité narrative des séquences de courses. La "nouvelle saison" qui débute avec ce tome n'est pas en reste : documentée, rythmée et prenante! On attend déjà le tome 2!

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26 novembre 2012

"Un Printemps à Tchernobyl" la dernière bande dessinée d'Emmanuel Lepage aux éditions Futuropolis

couvertureLe 26 avril 1986, à Tchernobyl, en Ukraine, le réacteur de la centrale nucléaire entre en fusion et commence à fondre. Le toit de la centrale est pulvérisé par l'explosion. Un nuage de graphite, chargé de particules radioactives charrie sa pollution et, au grés des vents parcourt des milliers de kilomètres, jusqu'en Europe occidentale. C'est un nuage inodore et invisible! Personne ne le sait, et personne ne s'en protège! Au contraire en France, les témoignages des hommes politiques et des spécialistes de la sureté nucléaire se veulent rassurant: il n'y a aucun danger!

Pendant ce temps là, de l'autre coté du rideau de fer, dés les premiers jours, Moscou reconnait des morts : au nombre de deux seulement, alors que les spécialistes du nucléaire civil savent déjà qu'ils seront des milliers : 5000? 25000? 100000? Sans parler des 5 millions de personnes qui seront contaminées et de celles qui mourront ultérieurement de cancer. Afin de tenter d'arrêter l'incendie du coeur de la centrale qui se trouve désormais à ciel ouvert, Moscou envoie des milliers de pompiers et de soldats: les liquidateurs! Certains mourront en quelques heures, d'autres en quelques jours, quelques mois... Ces hommes, pour la plupart volontaires, vont charrier des tonnes de déchets hautement radio-actif propulsés par l'explosion sur le site de la centrale afin de les rejeter dans le coeur en fusion! Les moyens techniques de lutte sont  à la fois exeptionnel mais hélas dérisoires, car un tel accident n'a jamais été envisagé mais le sacrifice humain lui, est colossal. Sur une zone de 30 km autour de la

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centrale 200 à 300 000 personnes sont évacuées dans les grandes villes alentours! Ce territoire autour de la centrale nucléaire deviendra la "zone interdite"! On ne le sait pas encore, mais la plus grande catatrophe industrielle du 20ème siècle vient d'avoir lieu.

A cette époque, Emmanuel Lepage à 19 ans et il découvre ce drame à la télévision, à la radio, dans les journaux comme des millions de français. 22 ans plus tard, par le biais d'un projet associatiif militant et artistique, il se rend à Tchernobyl pour voir, comprendre et témoigner par le dessin de ce qu'est devenu cet endroit et comment les ukrainiens ont appris à vivre à proximité du monstre.

En 2008 , contre l'avis de ses proches et malgré un grave problème de tendinite à la main qui l'empêche de dessiner, Emmanuel Lepage, se lance dans l'aventure! Il va passer prés d'un mois dans une résidence d'artistes improvisée dans un village ukrainien situé à 20 km de la zone interdite. Il veut se se confronter, par le dessin, à ce désastre! Tchernobyl ne doit pas être réservée aux seuls scientifiques!

Ce que j'en pense:

Cette Bande dessinée remarquable par ses qualité graphiques et la valeur de son témoignage se décompose en trois parties assez distinctes : Une première partie assez pédagogique et trés documentée sur l'histoire de l'accident permet de se rafraichir la mémoire sur ce qui s'est passé en 1986!

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Une seconde partie nous fait vivre l'arrivée de l'auteur en Ukraine et sa découverte de la zone interdite. La Bd devient une sorte de carnet de voyage dans lequel se mélangent récit, images et sensations. On découvre par exemple une ville désertée de ses habitants dans laquelle demeurent quelques ouviers qui travaillent encore sur le site de la centrale. Imaginez une ville moderne de 15 000 habitants avec une seule épicerie!

Dans cette partie, grace à son dessin trés précis et trés fin, Lepage nous fait découvrir toute l'horreur de ces villes et villages abandonnées, des espaces figés et marginaux dans lesquels toute activité officielle s'est arrêtée le 26 avril 1986.

Une fois le décor posé, la troisième partie va décrire la vie en 2008 au alentours de Tchernobyl et le déroulement de la résidence d'artiste. Lepage nous fait partager sa découverte de ces ukrainiens chaleureux et simples qui ont choisi de rester par amour du pays sur une zone ou tout ce qui pousse est potentiellement un poison mortel! Contrairement à ce qu'il avait prévu de vivre l'auteur se trouve alors confronté à plusieurs dilemmes inattendus. Il évolue dans un paysage idylilque et printanier et se sent si bien qu'il en oublie la réalité du danger des radionucléides présents partout dans le sol, dans l'herbe! Alors qu'il travaille en résidence d'artistes au service d'associatifs qui luttent pour montrer les dangers du nucléaires il n'arrive qu'à retranscrire la beauté et la sérénité que lui inspirent les forêts ukrainiennes au printemps, sans oublier quelque part en lui que la mort se cache là quelque part et qu'elle est toujours présente...

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24 novembre 2012

New-york 1947 : le nouvel épisode de l'uchronie d'Akiléos: Block 109!

Block 109 New-york 1947, publié cet automne aux éditions Akiléos est le 5ème album de la série "Block 109" initiée par l'éditeur début 2010! 

Le concept de la série "Block 109", ou plutot de cet univers (puisque que les albums ne se suivent pas vraiment), est une "uchronie" (un passé historique réinventé)  dans laquelle le 3ème Reich à gagné la seconde guerre mondiale! Les épisodes se situent donc dans un passé imaginaire assez angoissant, dans la mesure ou il décrit une situation politico-militaire qui a vu les souhait de l'Allemagne nazie se réaliser.

L'uchronie est un des nombreux genre de la science-fiction! Dans "New-york 1947", les nazis ont découvert, plus tot que les autres,  l'arme atomique et en ont largement fait usage pour s'imposer! Aprés avoir pulvérisé les villes américaines à coup d'attaques nucléaires, les soldats du 3ème Reich ont aussi  bombardé le quartier de Manhattan avec des armes chimiques et bactériologiques expérimentales. Lorsque commence le récit "New-york 1947", une équipe-commando allemande est déposée sur la presqu'ile de Manhattan avec pour objectifs de récupérer des documents classés top secret cachés

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dans le coffre d'une banque, mais aussi de vérifier les résultats de leurs bombardements chimiques et bactériologiques sur les populations de Manhattan.
A la tête de ce groupe hétéroclite se trouve un soldat nazi survolté, à qui on a injecté un serum de "super-guerrier", on trouve également des scientifiques, un photographe, ect. Ce groupe va vite se rendre compte que, malgré les bombardements chimiques, des survivants demeurent à Manhattan: des mutants, répartis en plusieurs groupes : des dominés, ou dominants qui pratiquent l'anthropophagie sur les autres...

Ce que j'en pense:

Prétexte à montrer des combats entre les soldats d'élite allemands et ces créatures mutantes, "Block 109" emprunte beaucoup. Il emprunte à l'univers du comic-book en premier lieu, mais aussi au cinéma de genre avec son atmosphère apocalyptique qui peut rappeler celle de "Planète-hurlante".
Résolument fantastique, cet épisode se lit de manière tout à fait indépendante des précédents. La bichromie générale renforce l'aspect crépusculaire d'un Manhattan en ruines, et créé une ambiance oppressante à souhait! Dans ce décor apocalyptique qu'il a élaboré, Ronan Toulhoat, par son trait vif et nerveux et un superbe sens de l'éclairage, va faire évoluer et combattre ses personnages et offrir au récit un rythme très soutenu, toujours en mouvement, ce qui fait de "New-york 1947" une lecture rapide et très agréable.

Peu-importe les clichés ou la taille des ficèles, ce qui compte le plus dans "New-york 1947" c'est le plaisir du fantastique, du dessin, de l'action et du rythme d'un scénario qui va à 100 à l'heure pour décrire ce monde aprés la victoire nazie, tout à fait implacable et résolument pessimiste!

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13 novembre 2012

Notre mère la guerre Requiem

Notre mère la guerre 4En janvier 1915, sur le front, du coté français, Joséphine Taillandier, une serveuse est retrouvée sauvagement tuée. Malgré l'arrestation d'un premier suspect jugé, puis fusillé à la hâte, une infirmière de la croix rouge, puis une journaliste canadienne disparaissent à leur tour… C'est en tout quatre femmes qui sont sauvagement assassinées. Leurs corps sont retrouvés parmi les cadavres du front, en première ligne, et sur chacune des dépouilles, une lettre, écrite de la main même du meurtrier, signe ces crimes odieux.

Face à cette situation inédite, l'Etat major, décide alors de dépêcher sur place un lieutenant de gendarmerie, Roland Vialatte, pour démasquer le coupable parmi les poilus. Malvenue, l’enquête de ce « planqué » parmi les soldats commence comme une descente en enfer dans un lieu ou l'espérance de vie est réduite au minimum, là ou le crime organisé est devenu paradoxalement un devoir patriotique!

Très rapidement Vialatte va découvrir l’existence d’une section particulière, commandée par un certain Peyrac. Les soldats de cette section ont en commun le fait qu’ils sont tous issus d’une prison pour jeunes délinquants ! On leur a proposé la guerre, et les combats pour laver leurs crimes passés… Vialatte les suspecte mais Raton, Surin, Jolicoeur, Jojo, Planchard et Le Goan meurent tous lors d’une attaque tandis que Peyrac, leur commandant, est porté disparu. L'enquête s'arrête alors. En 1917, Vialatte qui s’est finalement engagé dans une compagnie de chars d'assauts, est gravement blessé à la tête par un obus ! Il se réveille péniblement à l’hôpital militaire de Marly-le-Roi. À sa surprise, le commandant Janvier avec qui il avait commencé l'enquête vient lui rendre visite et lui propose de tout reprendre à zéro. Ils savent tous les deux que l'enquête a été bâclée et que le coupable est toujours en liberté...

Ce que j'en pense:

Aprés le travail de Tardi sur la première guerre mondiale (« Lucien Brin d'avoine », « le trou d'Obus », « Sodat Varlot », «  C'était la guerre des tranchées » ...Je croyais le sujet, non pas épuisé, mais tout à fait hors de porté pour de jeunes auteurs, en tous les cas inégalable ! Hors, dés les premières pages de cette série on se rend très vite à l'évidence : on tient là une nouvelle série sur la guerre de 14-18 complètement inédite et tellement « pêchue » qu'elle renouvelle le genre en bande dessinée  ! D'un point de vue narratif d'abord, le parti pris de parler de la guerre des tranchées à travers une enquête policière est un choix habile qui permet de montrer les événements sans être prisonnier d'un seul individu saisi face à l'horreur comme c'était le cas dans l'oeuvre de Tardi. Dans Notre mère la guerre on passe au grès de l'enquête d'un front à l'autre, pour balayer les différents aspects et protagonistes de ce conflit. Du tome 1 au tome 4, on suit également les évolutions historiques et technologiques de la guerre de 1914 à 1918 ! En effet, cette série est extrêmement bien documentée. En tant que lecteur on ne peut qu'être admiratif du travail d'historien très précis sans jamais être scolaire. Enfin le dessin est superbe : à la fois flou dans ses couleurs par l'aquarelle et précis par le trait, cela donne un mélange extrêmement agréable à « lire » et, encore un fois, réaliste sans jamais devenir lourd ! Il se dit de plus en plus,ça et là, que cette série fera date. A vous de juger en lisant « Requiem », le dénouement de « Notre mère la guerre »...

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22 octobre 2012

"Mon camarade", "Vaillant", "Pif Gadget" l'histoire complète 1901-1994

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Richard Médioni fut rédacteur en chef de la célèbre

revue pour enfants « Pif Gadget ». En 2003 il publie «  Pif gadget, la véritable histoire, des origines à 1973 ».

Suite à cette publication des dizaines de lettres et de témoignages parviennent à Richard Médioni, notamment sur ce qui existait avant Pif, avant la revue "Vaillant" même... A partir de 2003, souhaitant aller au delà de son premier livre, Richard Medioni met en œuvre des recherches qui lui font comprendre que Pif et Vaillant, puisent leurs racines dans un ensemble de revues en bande dessinées, progressistes et laïques dont la plus ancienne remonte à 1901 !!  Avant Pif , il y avait Vaillant, avant Vaillant : « le jeune patriote », puis  « Mon camarade », puis « le jeune camarade » ect. C'est toute l'histoire de cette bande dessinée de gauche aux racines révolutionnaires, que nous dévoile Richard Médioni dans ce nouvel ouvrage de 560 pages très précis et richement illustré.

A travers l'histoire des revues dont il est question ici, nous parcourons un siècle d'Histoire sociale et culturelle à travers la bande dessinée pour enfants. La formidable aventure éditoriale qui s'en suit représente un morceau non négligeable de l'histoire même de la bande dessinée en France. Précisons tout de même que la moitié du nouveau livre de Médioni est consacrée quasiment à la seule revue "Pif gadget" (1969-1994), et se termine par la description expliquée en détails de la fin peu glorieuse des éditions Vaillant!

Bref résumé et morceaux choisis:

De 1901 à 1929 : les premiers journaux pour enfants issus de la gauche révolutionnaire:

 

Tout commence en 1901, bien avant la révolution d’octobre de Russie! En France ,face à la déferlante des illustrés catholiques, une

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revue destinée aux enfants des milieux populaires est créée. Il s'agit de la revue "Jean-Pierre", un

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bi-mensuel issu du monde ouvrier, syndical et intellectuel qui souhaite offrir aux enfants une revue véhiculant des idées progressistes et laïques. C'est une première!

"Contribuer puissamment à préparer une génération d'êtres humains au cerveau libre et au coeur droit..." Voici un résumé de l'esprit de la revue "Les petits bonshommes" qui fait suite à la revue "Jean Pierre" dont premier numéro parait le 1° janvier 1911! Créée par la ligue ouvrière de la protection de l'enfance, cette revue est proche du syndicalisme révolutionnaire de la C.G.T. La revue "les petits bonshommes" laisse une grande place à la science : mathématiques, astronomie, géographie... Il s'agit d'éduquer les enfants grace aux illustrés.

 

Mais on n'y parle pas d'Adam et d'Eve, car là aussi, il s'agit bel et bien de contrecarrer l'influence de l'église sur les enfants de l'époque! Les nombreux dessins humoristiques de cette revue traitent en majorité de l'inégalité sociale, mais sa partie6 JC bande dessinée reste cantonnée à l'humour!

En 1914, la revue, qui n'a jamais pu dépasser quelques milliers de lecteurs disparait, pour réapparaitre en 1922. Sa directrice en chef est militante du PCF

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créé en 1920 en France. La nouvelle formule obtient le soutient du puissant syndicat des instituteurs qui va contribuer à la faire décoler cette fois. Par ailleurs, le contexte à fortement changé et les journaux illustrés pour enfants se sont multipliés! Plus consensuel que la première formule, la nouvelle revue va réussir à se faire accepter par l'ensemble de la gauche laïque.

8 MCAprés 156 numéros, la revue disparait en 1926. Entre temps, est apparue  "le jeune camarade", éditée par la fédération nationales des jeunesses communistes. S'adressant au 8-14 ans, le ton est sans ambiguité pour ce nouveau périodique: " Il ne te racontera pas d'histoires de princes, de rois, de contes de fées qui sont des fantomes, mais au contraire il te parlera de choses que tu connais, de choses que tu as vues: de la vie à la maison, à l'école, de la vie de tes camarades de classe et celles de tes parents..."

La revue "le jeune camarade" durera jusqu'en 1929! Elle fait la propagande de l'Union soviétque et de ses réalisations ce qui en fait ni plus, ni moins qu'un journal de propagante au service de l'Union soviétique!


De 1933 à 1939 : "Mon camarade": une vraie revue de bande dessinée destinée aux enfants!

En juin 1933, le premier numéro parait dans un contexte international politique tendu : Hitler a pris le pouvoir en janvier, la crise économique frappe de plein fouet et le parti communiste français à durci sa ligne ce qui lui fait perdre un nombre considérable d'adhérents et de voix aux élections! De 1933 à 1939, 198 numéros seront publiés, passant de 16 pages à 53 au moment de son interdiction. La ligne éditoriale évoluera beaucoup! Voici le premier édito : " Mon camarade parait, il est destiné à tous les enfants d'ouvriers et de paysans! Les bourgeois éditent beaucoup de journaux pour enfants mais dans lesquels ils ne parlent pas de ce qui intéressent les gosses de prolétaires, ni de ce qui leur manque...Mais les gosses de prolétaires veulent savoir la vérité et c'est "Mon camarade" qui l'a leur apprendra, lui il ne vous cache rien..." (l'ensemble du texte est écrit par le rédacteur en chef qui n'est autre que Georges Sadoul).

 Tout au long de ses pages, ce journal mettra en avant la réalité sociale et économique. A parti du numéro 4, Georges Sadoul entame une série de reportages "comment les enfants vivent en France", qui au dire de Richard Médioni " donnera une image assez exacte de a lcondition ouvrière pendant ces années de récession".

 En 1936, "Mon camarade" devient hebdomadaire avec des pages en couleurs. La première BD réellement intéressante de la revue est publiée depuis 1935. il s'agit de la série "Pat'soum" par Rober Fuzier qui met en scène un génie invisible qui défend les ouvriers contre "leurs odieux patrons"! A partir de ce moment là, la BD va prendre une place de plus en plus prépondérante dans la revue qui se distingue de toutes les autres par sa condamnation totale du nazisme. 1937 : Westerns, Science-fiction, la revue s'améliore de plus en plus avec des séries comme "Jim

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Mystère", mais aussi "le Rayon de la mort" et en 1938, "Fou volant", une série d'aviation réalisé par Roger Melliès et pour finir en 1939, peu avant l'interdiction de la revue : " Fred Hardi en l'an 2039" une autre série de science fiction "permettant de véhiculer des idées généreuses tout en faisant réver" comme l'écrit Richard Médioni.

La revue sera, tout comme les autres organes du PCF, interdite parle gouvernement français suite à la signature de pacte de non agression germano-soviétique! Désormais l'URSS est passée dans le camp ennemi et le PCF est hors la loi!

1945 à 1969 : de Vaillant au journal de Pif:

 Aprés des années de clandestinité , le premier numéro officiel du "Jeune patriote" est édité le 13 octobre 1944. Le tirage de cette revue politique, au origine de "Vaillant" sera limité à 19 000 exemplaires en raison de la pénurie de papier. Cette revue deviendra "Vaillant" le 1° juin 1945 : un titre pour concurrencer "Coeurs vaillants" une revue pour enfant d'obédiance catholique, avec à sa tête des résistants communistes.

Vaillant est un bi-mensuel, un grand format ( de 29X39 cm) de 8pages dont 4 en couleurs! Pour se procurer du papier il a fallu démontrer que le journal était dans la continutié des 30 premiers " Jeune patriote": ainsi le premier Vaillant porte le numéro 31!

La moitié de l'espace stconsacré à des textes, l'autre à la BD! Une des premières série est "Fifi, gars du maqui" qui présente la résistance de façon assez réaliste. C'est aussi une des première bourde lorsqu'on se rend compte que son auteur à aussi dessiné dans des journaux nazi et à craché sur la résistance dans "Zoubinette"! 12 V diminuée
Trés vite, autour du journal, un mouvement de jeunes est structuré :"Les vaillants et vaillantes"! il faut là aussi faire de la concurrence aux mouvements de jeunes catholiques "coeurs vaillants et âmes vaillantes de France". Ce mouvement des vaillants et vaillantes aura pour but de permettre à des jeunes, souvent issus de milieux défavorisés, de partir en vacances, de se cultiver (musées, théatre cinéma, visites d'usines), avec l'aide des municiplaités communistes.

En 1946, miraculé de la guerre d'Espagne puis des camps nazis, le génial Arnal ( père de Pif) fait une entrée remarquée dans Vaillant, avec sa Bd "Placid et Muzo"! Trés rapidement "Vaillant" se fait une réputation de revue de bande dessinée qui connait son sujet! Des jeunes auteurs, de nombreux talents commencent à affleur: Paul Gillon avec "Fils de Chine",  et Jean Claude Forest ( le futur dessinateur de Barbarella) font leur entrée au journal! En 1947, Gire y dessine le chef d'oeuvre de sa vie: "La pension Radicelle"

Pif le chien apparait d'abord dans "l'Huma" en 1948 en remplacement de Felix le chat ( l'américain). D'abord vagabond en recherche de pitence, toujours en conflit avec les autorités, il apparait comme un cabot des rues, sans domicile! Les personnages secondaires ne feront leur apparition qu'en 1949! Lorsque Pif est adopté par la famille Césarin, ses traits de caractères ne disparaissent pas! ais Pif le chien n'arrive dans Vaillant qu'en décembre 52! En 1954 arrive le célèbre "Arthur le fantome" de Jean Cézard. Jean Tabary, connu pour être le pêre de "Corinne et Jeannot" mais aussi d'"Iznogoud", fait quand à lui son entrée dans vaillant en 1956 avec "Richard et Charlie". Suive Godard, René Goscinny ( le père d'Astérix le gaulois)

La fin de Vaillant, la naissance de Pif gadget:

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Au début des années 60, la situation financière de Vaillant est loin d'être brillante. La revue, comme l'ensemble de la presse pour enfant, subit la concurrance d'un genre qui monte : le format de poche!! Le journal change de main, de gestion, essaie de s'adapter aux nouvelles demandes des lecteurs, sollicite l'aide du parti communiste! Une nouvele approche commerciale est mis en place avec la possibilité de se procurer des portes clefs ( peut-être le premier gadget) contre des preuves d'achats! En 1967 le journal est assainie mais les ventes sont retombées à 100 000 par semaine. Vailant n'est plus adapté à son époque! La dernière année du journal va ête en grande partie consacrée à la naissance de la relève: Pif Gadget

 
Pif gadget: la période rouge de 1969 à 1973 ( 239 premiers numéros ou le logo sur fond rouge barre toute la largeur de la page)

La revue "Vaillant" avait déjà proposé plusieurs fois à ses lecteurs des cadeaux récompensant leur fidélité ( buvards, portes-clés). Régulièrement "Vaillant" proposait à ses lecteurs des "bricolages", qui une fois adaptés, deviendront plus tard des gadgets dans la revue Pif. Il aura fallu 25 ans pour que l'idée murisse du "gadget" glissé systématiquement dans la revue jusqu'à devenir un concept! L'idée formelle du gadget vient d'André Limansky en 1968 " il faudrait qu'on

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mette dans le journal quelque chose de magique... Comme de la poudre...Comme un cachet... On l''arrose et alors , paf! ...Il pousse des fleurs". Le concept du gadget est né! Deux conceptions du gadget s'opposent à la rédaction. D'un coté les partisans du cadeau "bonus", de l'autre les partisans du gadget éducatif, leçon de chose, rubrique à part entière. C'est le mélange de ces deux conceptions qui donnera au journal Pif sa singularité!

Il manque alors plus qu'un héros pour porter la revue vers les sommets: c'est chose faite avec la naissance de "Rahan" le nouveau projet du scénariste Roger Lécureux qui a déjà fait les beaux jours de Vaillant avec ses autres séries. Le dessin de Rahan est confié par la rédaction à une pointure: André Cheret qui s'est fait remarqué notamment dans une série ou il fait sortir ses animaux et humains du cadre pour leur donner plus de relief ( un procédé que l'on retrouvera souvent dans Rahan).

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Pour être rentable, Pif doit être vendu à 200 000 exemplaires. Le premier numéro est tiré à 300 000 exemplaires! Les enjeux sont importants, d'autant plus que l'augmentation entre Vaillant vendu 1,20 francs et Pif  vendu 2 francs est énorme! Compte tenu de l'absence de marge , en cas d'échec c'est la faillite immédiate. La rédaction ne se doute pas que dans quelques mois les ventes atteindront le milllion d'exemplaires, c'est la razzia sur les kiosques, le succès est immense!

De nombreux et excellents dessinateurs vont se succéder dans la revue: Jacques Kamb, le dessinateur de "Couik", Nicolaou qui reprendra "Placid et Muzo" et qui connaitra un succès colossal, Roger Mas sur "Pifou" puis "Léo...bête à part", Henri Crespi avec "Nestor" ( le prisonnier), Gotlib avec "Gai-Luron", Jen Tabary avec "Corinne et Jeannot", sans oublier "Corto Maltese" une série spécialement inventée par Hugo Prat pour la revue... Peu à peu, dés la fin des années 60 la bande dessinée commence à être enfin reconnue. Le mépris laisse peu à peu place à un intéret croissant envers ce mode d'expression. Pif avec Spirou, Pilote, tintin, Charlie Hebdo, a contribué indéniablement à ce changement de regard.

En 1973, André Médioni "Rédacteur en chef" , en désaccord avec l'orientation "marketing" que prend la revue donnera sa demission. En 73 une nouvelle équipe de rédaction est mise en place, petit à petit la revue change. D'anciennes séries sont arrétées, les gadgets sont de plus en plus mis en avant et bien sur de nouvelles PlancheA_172865séries, parfois excellentes, sont mises en place : "Supermatou" de Jean-Claude Poirier, "Taranis, fils de la Gaule" de Mora et Marcello, ect. En 1979 apparait la série "Léonard" de Bob de Groot. De 1981 à 85 la revue connaît des bouleversements en chaine avec une succesion incroyable de nouvelles formules, en douez ans on est passé de 500 000 vente par semaine à 235 000. Le contenu s'appauvri au fil des ans, de manière irrémédiable et en 1992, les ventes ne sont plus que de 80 000 par semaine. La première liquidation à lieu en 1992, suivi de plusieurs reprises et autres liquidations. Les archives finront dans un hangar à la campagne jusqu'à ce qu'un collectionneur mette la main dessus... La fin des éditions Vaillant est assez Sylvio le Grillon 2sordide par rapport à ses heures de gloires. Elle est par ailleurs cocommitante avec la fin du parti communiste en Europe. Pour Richard Médioni c'est une politique éditorial obsédé par l'idée de vendre qui aménera la chute de la revue. Reste l'aventure humaine, qui elle, a été exeptionelle.

 

Ce que j’en pense :

Au dela de la re-découverte des séries et des auteurs incroyables qui ont contribué à Vaillant et à Pif, ce livre de Richard Médioni  nous permet de connaître et comprendre l'histoire des revues à sensibilité de gauche qui étaient destinées aux enfants. Il dégage bien la cohérence de cet ensemble de publications s'inscrivant dans l'Histoire d'un siècle et bouclant une époque avec la disparition des éditions Vaillant en 1994. 

16 PG retaillé pour article pif

Richard Médioni se fait fort de replacer les publications dans leur contexte ! En lisant ce livre, on fait un voyage à travers la France de 1901 à 1994 en traversant pas mal d'évènements majeurs : luttes ouvrières, montée du nazisme, front populaire, Libération, luttes anti-colonialistes, mai 68, fin du communisme... En parallèle à la grande Histoire, Richard Médioni nous montre au fil des ans l'apparition et l'épanouissement de cette bande dessinée populaire.  C'est à la fois très éclairant, et passionnant !

Ce livre est une somme:  il parle (et parfois de manière très précise)  de l'histoire du communisme en France, il parle aussi de l'histoire de l'édition de gauche (ou progressiste)  pour les ouvrages destinés aux enfants, mais également c'est un livre qui raconte une formidable aventure éditoriale sur prés d'un siècle (avec la part belle fait aux années 60 jusqu'aux années 90 puisque cette époque occcupe la moitié du livre). Ce pavé est déjà une référence : 72 chapitres illustrés par 1150 documents sur 557 pages dont pas une seule n'est superflue!

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11 octobre 2012

Virtus : Ceux qui vont mourir te saluent!

Chez l'éditeur Ki-oon, la rentrée 2012 prend des airs de péplum ultra violent avec la série Virtus!

 

Virtus #1

Malgré son titre très latiniste, "Virtus" n'est pas un manga historique sur l'antiquité gréco-latine. L'auteur s'est accordé quelques libertés afin d'introduire des éléments de culture martiale nippone ainsi que du fantastique dans son récit. Par exemple le premier tome fait s'opposer un judoka japonais de notre époque à des gladiateurs du cirque romain!  

 

L'histoire:

A Rome, en 185 aprés J.-C., l'empereur Commode règne sur l'Empire.

Commodus_Musei_Capitolini_MC1120Le manga représente Commode comme le veut la légende: un homme cruel et obsédé par les jeux au dépend de sa fonction de gestionnaire (la légende voudrait d'ailleurs qu'il soit le fils incestueux d'un gladiateur et de l'impératrice) . Dans "Virtus" Commode a des allures de super-gladiateur qui vient lui même dans l'arêne massacrer les lions et les barbares (ce que le personnage historique a réellement fait entre autre). L'empire romain semble au bord du chaos. Marcia, la concubine de Commode, fait appelle à une sorcière pour trouver l'homme providentiel, le combattant intègre qui incarne la "virtus" et qui sauvera l'Empire romain.

Par un tour de passe passe magique, un champion de judo japonais contemporain ,et quelques uns de ses compagnons d'infortune, se retrouvent ainsi transportés dans l'antiquité, au coeur de l'arène pendant les jeux du cirque.  C'est Takeru Narumiya, un judoka dont la devise est d'aider les faibles qui est l'élu. Il va commencer par affronter d'anciens soldats germains devenus gladiateurs...

Dans le second tome, aprés s'être très difficilement défait du chef germain expert en boxe antique, Takeru Narumiya et ses compagnons japonais vont être amenés sur une île au large de la Grèce sur laquelle on forme et entraine les gladiateurs aux différentes techniques de combat...

Ce que j'en pense:

 

Virtus extrait

"Virtus" est un mélange des genre hyper ludique qui fait s'opposer des combattants de styles, d'époques et de culture tout à fait différentes par un procédé et une audace dont seul le manga est capable! Ces deux premiers tomes, entièrement à la gloire du judo, revisitent le concept antique de la "Virtus", c'est à dire l'ensemble des vertus de courage moral et physique qui font le bon combattant. Takeru Narumiya va n'avoir de cesse de démontrer sa rectitude morale de judoka et sa technique dans les combats qui l'oppose à des brutes mal dégrossies : c'est un grand classique des arts martiaux.  Exit l'Histoire donc, Virtus, prétexte à dessiner des combats, est graphiquement très réussie.


Cette série à suivre est en cinq tomes!

 

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