01 mars 2009
Frères d'armes (Cachemire, Kerala)
Casterman, dépôt légal
janvier 2009
22 février 2009
Ma mère était une trés belle femme
Editions ça et là 2007 pour l'édition française.
"Ma mère était une très belle femme ", BD autobiographique, écrite comme un besoin de témoigner... L'histoire commence dans un aéroport, à la descente de l'avion. Après plusieurs années en Europe, Karlien de Villiers revient au Cap et nous plongeons avec elle dans ses souvenirs et son passé de petite fille blanche au moment des prémices de la fin du "règne Afrikaners".
Pelle-mêle ses souvenirs familiaux et personnels sont subtilement mis en abime avec l'histoire immédiate de son pays. Le mot "implosion" résume parfaitement cette histoire :entre divorce et fin d'une époque. Au delà de la solitude d'une enfant livrée à elle même le témoignage de l'auteur est celui de la chute, de la perte de maitrise, de l'accélération de la violence.
L'auteur ne se venge pas, mais ne fait pas non plus de
compromis avec ses souvenirs. Cette BD, sorte de deuil nécessaire, est aussi le
rappel d'une histoire, d'une culture que tout le monde à
voulu gommer depuis lors. Au delà de l'histoire personnelle on assiste à une réflexion sur les conséquences d'un naufrage politique et culturel. Cette décadence nous revoit d'ailleurs à notre
propre histoire coloniale. Toute l'Afrique du sud décrite n'est que compromis
illusoire, situation précaire. Rien, désormais ne semble plus tangible pour une population blanche Afrikaners qui me rappelle la situation des colons français au moment de la fin de l'Algérie française : l'écroulement d'un leurre entretenu contre vents et marées.
Sa mère meurt d'un cancer, son père s'enferme dans le déni, et lorsque la narratrice revient au pays après de longues années d'absence sa sœur qui est restée elle est devenue toxicomane...
Graphiquement la BD est très soignée. Malgré le sujet introspectif la géographie est très présente. L'Afrique du sud est mise en lumière et il en ressort un coté exotique très plaisant et très bien traité. (comme dans les BD de Joe Daly). On ne sait pas
vraiment ou on se trouve dans ces paysages, on hésite entre la
Californie, l'Australie, l'Afrique australe peut-être?
Ma mère était une trés belle femme est à lire absolument!
09 février 2009
Rats et chiens
Auteur : Conrad Botes (Afrique du sud)
Editeur : Cornélius, collection Solange ( dépot légal janvier 2009)
La BD indépendante sud africaine est à l'honneur en ce début d'année puisqu'on assiste à trois sorties, le livre de Conrad Botes édité par Cornélius mais aussi un nouvel ouvrage de Joe Daly et à une anthologie de Bittercomix parus à l'Association.
Rats et chiens présente une sélection de cinq histoires: "le chacal et le corbeau" dans laquelle un paysan cruel subit la malédiction d'un corbeau qui venge un chien de la cruauté de son maitre. Cette première histoire est suivie par "Cain et Abel", trés fantastique et fantasmatique adaptation d'une parabole biblique. Suit ensuite "Esau et Jacob" ou deux frères, l'un noir et l'autre blanc vont se battre à mort pour un héritage synonyme de mariage. vient ensuite "Dieu et Rats", chemin de Damas et vaine tentative de révolte contre la toute puissance divine et enfin "Histoire pour les enfants", conte noir sur la solitude et le nihilisme.
Outre les thèmes liés à l'apartheid et à la religion chrétienne, ce qui frappe chez Conrad Botes c'est avant tout son langage graphique: simple, beau et très efficace. On est proche du monde sémantique de l'underground américain avec des attitudes et des regards qui me rappellent Daniel Clowes même si le trait est volontairement plus grossier ici, mais également à Charles Burns. Néanmoins, au delà de cette sphère graphique, l'auteur arrive parfaitement à se dégager et témoigne d'un style propre à très très forte personnalité. Ici le noir et blanc est parfaitement compris et optimisé. Le dessin est totalement voué à l'efficacité, au mouvement, à la fuite, à la précipitation. Le peu de dialogue et les thèmes violents provoquent ensemble une impression d'accélération incontrôlée, incontrôlable, et c'est aussi dans ce subtil dosage que l'on découvre tout le talent de Conrad Botes.
Violence aveugle entre les hommes, les races, aveuglement, endoctrinement, solitude et misère sexuelle, affective...Le ton est pessimiste et implacable : les hommes aveuglés par leur colère subissent toujours le retour de la folie de leur violence. Conrad Botes place ses histoires entre messianisme et fantasme, entre réalité et cauchemar, martyr et exorcisme. On en voudrait encore, malheureusement cela s'arrète trop vite.
03 décembre 2008
Bottomless Belly Button
La famille "Loony" se regroupe dans la maison familiale pour la dernière fois! Les parents viennent d'annoncer à
leurs enfants qu'après quarante ans de mariage ils divorçaient. L'auteur
va passer en revue chaque membre
de la famille mélangeant enfance, vie
d'adulte, doutes, souvenirs, etc... Et réaction par rapport à la
situation présente, drame pour les uns, indifférence feinte ou réelle
pour les autres.
Cette habile série de portraits donne corps et épaisseur au récit. Celui qui m'a semblé être le plus fouillé par Dash Shaw est le fils ainé de la famille Loony: un jeune papa que l'annonce du divorce plonge dans un état de choc qui va partir explorer les recoins cachés de cette maison
aménagée et construite comme un rébus avec ses clefs secrètes, ses faux
plafonds,ses couloirs dérobés et ses boites à souvenir à la recherche
du sens de la vie de ses parents et du pourquoi de ce divorce de deux
vieillards qui ne peuvent raisonnablement plus avoir le temps pour
grand chose...
C'est culturellement un peu trop américain à mon gout, au sens cliché du terme (déclinaison systématique autour de l'espace familial et de ses valeurs). Le traitement de certains personnages à la psychologie à peine effleurée reste superficiel, et le scénario par moments tangue et divague et arrive à se perdre lui aussi dans le labyrinthe de la maison...Néanmoins , la lenteur de l'histoire donne l'agréable sensation au lecteur de vivre l'histoire en temps réel. La lecture est nourrie par une approche très personnelle du problème : différents points de vue sur la famille apparaissent et font ressortir la tension entre sacrifice et épanouissement individuel, le sujet même de cette BD. Finalement la Katharcis qui nait autour de cette réunion familiale se transforme en rite de passage pour les personnages.
28 novembre 2008
Étoile du Chagrin
Étoile du Chagrin de Kazimir Strzepek chez ça et là éditeur 2008.
Cette petite BD américaine en noir et blanc qui à priori présente des airs de BD indépendante plutôt intimiste et underground se révèle être un produit "grunge" et très original qui, au fil des pages, dévoile un scénario totalement SF post apocalyptique... Strzepek a créé un monde original peuplé de mutants mi-animaux, mi-humains aux sympathiques minois "nipponisant" à la fois félin, reptile et lutin...
L'histoire démarre au moment ou une comète passant bien trop prés de la planète cause un cataclysme qui boulverse tout, la civilisation est ruinée, le chaos s'installe. Les personnages de l'étoile du chagrin en proie au doute, au chagrin et à la folie tentent, donc par petits groupes ou en solitaire de survivre dans un monde livré à la ruine technologique et à la violence anarchique des bandes armées. Les deux héros (sur la couverture) errent à la recherche d'un peu de nourriture avec le vague espoir de retrouver leurs proches disparus. Dans l'Etoile du chagrin, même avec des armes rudimentaires (épées, ciseaux, etc...) chaque rencontre est prétexte à un déchainement de violence aveugle. Il y a bien sur des méchants sans pitié face aux gentils assez démunis, il y a des corbeaux anthropomorphes experts dans l'art du combat qui découpent les têtes avec du fil à couper le beurre, il y a un justicier solitaire perdu dans le désert, des règlements de comptes,des rêves de vengeance, etc... Ainsi "Etoile du chagrin" est parfois glauque, bourré d'action et ce tome 1 qui pose le décor et les personnages nous laisse un peu sur notre faim, en espérant que le scénario tienne toutes ses promesses dans le second volet à paraître...
18 novembre 2008
Les bonnes manières d'hier et d'aujourd'hui
Les bonnes manières d'hier et d'aujourd'hui, traité du savoir vivre en
certaines occasions choisies.(collectif paru chez Actes sud-l'An2 en
juin 2008).
La BD forme un ensemble d'histoires courtes qui sont autant de scènes
de la vie de tout les jours, de celles qu'on est amené à voir, à subir,
à vivre et qui laissent apparaitre le savoir-vivre (ou plus souvent
l'absence de savoir-vivre) de nos contemporains entre eux. L'ensemble
forme un tout très cohérent, équilibré, hyper original et rempli de
noms prestigieux de la BD indépendante. J'ai préféré les histoires de
Natacha Sicaud : les bonnes manières dans le métro , "Les bonnes
manières au téléphone" de Ludovic Debeurme, "la première visite aux
beaux-parents" d'Antony Pastor, ainsi que l'histoire de Baudoin
(toujours aussi efficace et personnel).
Graphiquement c'est à chaque fois du noir et blanc rehaussé de rouge et
de rose, cela donne une cohérence graphique à l'ensemble ou tous les styles sont mis en valeur.
03 novembre 2008
Rock'n roll life
Auteur: Bruce Paley et Carol Swain
Editeur: ça et là, 2008
Roman graphique autobio témoignage de ce que fut la "beat generation" à travers des morceaux de vie de Bruce Paley sur les routes américaines.
L'auteur se met en scène à travers une suite de petites aventures à la saveur et au ton ultra réaliste qui commencent
dans les années 60 lorsque le jeune Bruce décide prendre la route (ou plutot de s'enfuir) avec sa petite copine de 16 ans vers la Californie avec 20 dollars en poche. Cette BD est un voyage qui finit à Londres presque 20 ans plus tard en peine période Punk. Le narrateur nous dresse un portrait de l'Amérique des seventies à travers les
mouvements hippies, la guerre du vietnam (à laquelle il échappe), la
drogue, les filles, ect... Une BD qui ravira à coup sur les fans
d'Easy rider et de Jack Kérouac.
Histoire dans l'histoire, Bruce Paley , à un moment de sa vie recherche désespérement en librairie d'un des romans de Kérouac qui semble le fuir : 'Tristessa'. Lorsqu'il le trouve par hasard quelques années plus tard, il s'empresse bien sur de l'acheter mais au lieu de le lire il le range sur les étagères. Son envie est morte d'ou sa citation de Thomas Wolfe: "On ne peu pas retourner chez soi". Sorte de parabole qui définie assez bien ce que cherche à nous démontrer Bruce Paley...
18 janvier 2008
La force des choses
Editeur: Atrabile (10 septembre 2007) 70 pages
Auteur: Graham Annable
Langue: français
ISBN-10: 2940329508
ISBN-13: 978-2940325502
Les dernières feuilles tombent. Mais sous l'arbre, Thom ne balaye pas. Depuis une heure, il s'applique à détordre les branches du balais à gazon. Sharon ouvre la porte, et leur petit chien noir, Byllie Joel, se précipite à l'extérieur comme une bombe... En embuscade derrière la palissade de bois qui sépare les deux villas, Madame Anders, leur vieille voisine n'attendait que ça pour interpeller Thom et le menacer d'un procés, si jamais leur "dangereux" chien agressait une fois de plus son "bébé d'amour", un vieux wombat de 15 ans bouffé par l'arthrite...
Scène suivante: Thom regarde un documentaire TV sur la lorsque Sharon vient s'installer à coté de lui sur le canapé. Thom n'est pas fuyant, mais il ne cherche pas le contact non plus. En fait Thom ne se sent concerné par rien. Sharon évoque sa possible mutation dans une ville plus grande ou il pourrait, lui aussi, trouver du travail. Mais en guise de réponse Thom lui fait mollement comprendre qu'il préfère plutot rester là ou ils sont, tout simplement, parce
qu'il a déjà un peu de mal de s'habituer au fait de vivre en couple. Thom est bien là ou il est. Il n'a pas envie qu'on le bouscule...
Pour fuir Sharon, Thom trouve le prétexte d'aller ouvrir au chien avant d'aller se coucher. Mais surprise! Billye Joel, passe la porte avec dans la gueule : Cheevers, le Wombat de madame Anders, qui est raide mort... Consternation, panique! Etrangement le vieux chien mort n'a aucune trace de blessure, il est juste sale. Thom réagit : il le lave, le séche, le peigne, puis en cachette il sort dans le jardin de Madame Anders et dépose Cheevers, tout propre, dans sa cage. Le meurtre est effacé.
Dans le lit, Sharon relance le sujet que Thom veut à tout prix éviter : quand va-t-il se remettre à chercher un emploi? Rien n'y fait, Thom n'est vraiment décidé à rien, même lorsque Sharon l
ache un "tu ne te bouges jamais que sous la contrainte"... Le lendemain Sharon est partie travailler depuis longtemps quand Thom émerge. Petit à petit il prend pourtant la décision d'aller consulter les offres d'emploi et sort, remarquant au passage que la maison de madame Anders est à vendre! Aprés maintes hésitations Thom téléphone enfin à une annonce et...miracle, il est embauché. De retour, madame Anders en plein déménagement. Traumatisée, elle quitte le quartier, persuadée qu'elle a assassiné Cheevers en l'enterrent vivant, puisqu'elle l'a retrouvé dans sa cage, mort d'épuisement aprés s'être extrait lui-même de son tombeau. Billye Joel n'avait donc déterré qu'un cadavre... Quand Thom entre pour annoncer la bonne nouvelle, en guise d'accueil il ne trouve qu'un mot sur la table. Le monde s'écroule brutalement, Sharon est partie avec le chien...
"La force des choses" est double.
C'est un récit extrèmement comique que sert un dessin minimaliste percutant et trés expressif doublée d'une intrigue vaudevillesque qui crée un comique de situation : La chute est d'autant plus comique quand on réalise la stratégie que Thom à du employer face à la menace d'un procés.
En revanche " La force des choses" révèle un aspect trés sombre quand Thom se fait plaquer par Sharon, car aprés ces péripéties comiques, la chute est brutale. subitement, le rideau se lève sur une précarité et une solitude des plus noires... Les sentiments de perte et d'effondrement de Thom sont extrèmement bien rendus par le dessin, notamment dans les cases ou evidemment il souffre, le pauvre, à s'endormir tout seul dans leur grand lit. Lentement dans le jardin silencieux sa conscience s'éveille. finalement il décide de partir à la recherche de Sharon, mais n'est-ce pas un peu tard?
12 janvier 2008
La Vie est belle malgré tout
Editeur: Les Humanoïdes associés (janvier 1998)
Collection: Tohu Bohu
Auteur : Seth
ISBN-10: 273161305X
ISBN-13: 978-273161305
C'est l'hiver. Un jeune homme au look retro
trés soigné arpente les rues d'une ville nord américaine. Sa silhouette dénote dans le paysage. Du genre solitaire, il est à la recherche de magazines ou de comics anciens, et, en pleine action, on le voit fureter chez un bouquiniste. Les textes qui accompagnent les premières pages du récit nous livrent ses différentes réflexions sur la bande dessinée. De passage en week-end chez sa mère, il reprend rapidement le train pour rejoindre Toronto. Peu aprés, on le voit évoluer en compagnie son unique ami: Chet, mais l'objet de la conversation lui ne s'est pas déplacé pour autant: il s'agit du résultat de ses investigations à la recherche d'illustrés ou de comics rares. Notre narrateur est en effet un collectionneur passionné dont l'obsession permanente est de dénicher les travaux d'illustrateurs disparus ayant été publiés dans le New-york times... Il s'intéresse particulièrement à un certains Kalo, un illustrateur méconnu
dont le style captive toute son attention. La recherche de ses dessins ainsi que la compréhension de sa carrière vont constituer le fil conducteur du récit, menant notre narrateur d'espoirs en déceptions à travers tout l'Ontario et ce, pendant plusieurs années...
Récit autobiographique découpé en six parties et regroupant les comics 4 à 9 de la série "Palooka ville","La vie est Belle malgré tout" est un récit introspectif dont les sujets sont multiples. C'est d'une part le regard d'un homme sur le monde en évolution, accompagné d'un ensemble de réflexions sur la destinée pers
onnelle et plaçant au centre la question des choix individuels. C'est également le regard de cet homme sur la bande dessinée et les rapports de ce monde virtuel et fantasmé sur sa propre vie. C'est aussi une ballade contemplative dans l'Ontario en hiver mais également, " la vie est belle malgrés tout" est l'histoire d'une quête personnelle et d'un travail de recherche de longue halène sur la carrière et les dessins d'un illustrateur canadien méconnu des années 40 : Jack Kalloway, alias Kalo.
Ce qui est intéressant et particulièrement appréciable c'est d'une part, la lenteur de l'action qui procure au récit un aspect paisible propre à la réflexion (ce n'est d'ailleurs presque qu'une suite de réflexions), mais c'est aussi l'alternance entre les passages ou le narrateur agit, parle, et de longs moments d'introspections ou il nous fait part de ses réflexions personnelles sur le dessin. Ce personnage-narrateur n'a de cesse de mettre en parallèle sa vie réelle et des passages de bandes dessinées qu'il a lu comme s'il était constamment en équilibre entre la réalité et la fiction.
Par ailleurs "la vie est belle malgré tout" est le portrait psychologique d'un collectionneur. Le narrateur recherche dans les vieux illustrés de journaux des morceaux disparus de son enfance : page 42:" des personnages de mon enfance forment une véritable Sainte trinité...ce sont mes parents qui m'on fait connaître ces strips...je ne me suis pas débarrassé de mes sentiments mélancoliques envers mes parents"... Constamment en recherche de passé, cet homme refuse de s'investir dans le présent. Il délaisse même volontairement sa vie amoureuse pour partir à la recherche d'un illustrateur méconnu et disparu dont on réalise qu'il aurait tout aussi bien pu s'agir de lui même.
Dessin:
l'esthétique du dessins précis et minimaliste jusqu'aux couleurs entre en parfaite adéquation avec le ton de l'histoire. Ce "récit graphique" se caractérise
également par de nombreuses perpectives citadines. Des pages entières sont utilisées à représenter des rues, des immeubles, des tours ou bien encore des paysages hivernaux de l'Ontario. On sent que l'auteur retire une certaine jubilation à representer dans le présent, des paysages urbains non objectifs trés marqués par l'esthétique des années 1940. Seth nous dit volontairement que son regard est issu d'une époque révolue, c'est sa façon de distordre la réalité face à l'angoisse du changement : la modernité est bannie.
Solitude, enfance et passé: Le narrateur est souvent seul, mais ne semble jamais écrasé par son environnement. La solitude ici n'est pas veccu comme un fardeau, bien au contraire. "Je suis obsédé par mon passé jusqu'à la comlaisance. Je scrute mon enfance, ruminant mes souvenirs, selectionnant les moments les plus magiques, comme si j'allais y trouver des solutions miracles à mes problèmes actuels" Seth aborde des problèmes d'ordre psychanalytique par le biai des personnages et énumère les questions: du sens du passé dans le présent, de la part du déterminisme dans l'existence, et pose également la question sur les choix personnels :" On sait bien qu'on aurait pu prendre un autre chemin par le passé, et changer sa vie. Mais cela aurait exigé un terrible effort de volonté. On ressent tout le poids de l'irréversibilité de la vie, cette sensation témoigne peut-être de l'existence du destin..." A la fin, on apprend que Kalo aprés avoir arrété le dessin, frustré semble-t-il, est devenu business-man...
09 janvier 2008
Fraise et Chocolat
Editeur : Les impressions nouvelle - Paris -Bruxelles 2006
Auteur: Aurélia Aurita
Genre : Récit érotique et humoristique; 144 pages
ISBN-10: 2874490091
ISBN-13: 978-2874490095
Fraise et Chocolat commence dans un avion qui survole le Japon en provenance de Paris. L'auteur met en scène une jeune femme, Chenda, en train de croquer ses premiers petits bouts de Japon aperçus par le hublot : un terrain de golf dont les greens prennent les formes d'un vagin et d'un phallus... Le ton de fraise et chocolat est donné et nous est livré comme un carnet de voyage intime. Chenda prend brièvement le temps de nous expliquer sa rencontre avec Frederic, un français expatrié à Tokyo de 20 ans de plus qu'elle. Le couple vient de se reformer aprés quatre mois d'absence et une relation épistolaire "enflammée. Assise à coté de Frédéric, Chenda se rend compte avec surprise qu'elle
"inonde" le métro de Tokyo...Les pages qui suivent ne sont qu'étreintes torrides liées aux retrouvailles des deux amants : de la page 14 à 20 on à droit à un florilège de rapports bucaux, puis la frénésie sexuelle se rompt soudainement dans le feu de l'action lorsque Chanda lache un bruyant et pathétique "je t'aime". S'ensuit une conversation de bistrot ou les deux amants exposent devant un verre ce que chacun attend de sa vie sentimentale (et non pas ce qu'il attend de l'autre). Cet interlude passé, l'action reprend son cour brutal puisqu'a la page 34 on assiste à "l'initiation" anale de Chenda. Il faut dire qu'au fil du récit, comme une obsession, cet acte sexuel en particulier prend une telle importance qu'il est décliné en nombreuses et diverses variations : l'amour anal devant un miroir; comment de déplacer avec un gode enfoncé dans le cul sans qu'il sorte, ect... Chaque nouvelle péripétie sexuelle faisant l'objet d'un petit chapitre au titre évocateur: "la chenille", "l'apparition", "tchao vagin" suivi du "le bonheur"... L'acmé érotique et humoristique de la BD étant sans doute la parenthée esthétique établie de manière quasi mystique entre le clitoris de Chenda et le Mont Fuji eneigé "révélée" lors d'un jeu érotique avec de la chantilly. Les deux amants en pleurent de joie...L'histoire se termine enfin, par ce discours de Frederic : " Toi tu sens toujours bon comme une japonaise mais tu te laisses enculer comme une française"...
Sorte de récit érotico-initiatique autobiographique et humoristique, Fraise et Chocolat focallise sur le sexe et en fait l'axe unique d'une relation. Le lecteur est placé d'emblé dans l'intimité du couple. Dés le début, la préoccupation de Chenda est de savoir à quoi ressemble de sexe de son partenaire avant de lui faire une fellation. A ce titre les dessins ou elle se représente
à genou à hauteur du jean's de Frederic en train de se demander si son sexe va ressembler à un dinausore ou à un éléphant sont assez amusants. Les dessins trés minimalistes est trés expressifs sont trés efficaces. Les mises en scènes sont un bon révélateur du narcissisme de la relation puisqu 'on ne part jamais à la découverte de quelqu'un mais à la découverte d'un sexe en érection ou d'un vagin assimilé à de la nourriture.
Ce que va nous raconter Chenda dans ce récit n'est quasiment que la manière technique dont elle s'est faite "baiser". En somme nous assistons tout le long à un dialogue d'organes sexuels, la bite de Fredéric et le cul ou le vagin de Chenda étant devenus les personnages centraux, ceux qui pensent et font l'histoire... Ce qu'on à à voir n'est même plus un point de vue subjectif mais déborde sur affichage quasi cinématographique d'une relation,sur ce qu'on pourrait appeler un roman graphique porno.
Le grandmoment culturel de la BD est l'allusion mystique au Mont Fuji, pour le reste les questions sont assez banales: "Suis-je une exclave sexuelle?" "Vais-je me réveiller un matin avec un étranger à coté de moi?" Heureusement finalement on à pas droit à : "Suis-je une nymphomane?"
== Publicité ==
